Comment partager l'argent dans un couple ?

Épisode 2/5 : Le modèle 50/50, très allemand 🇩🇪
Hier, Jean payait tout*
Aujourd'hui, Jean s'installe en Allemagne.
Et découvre le 50/50.
J'exagère un peu. Mais en 24 ans de clientèle franco-allemande, j'ai constaté quelques différences culturelles.
Et d'après quelques congénères expérimentés en dating ;) : les seules femmes qui détestent se faire inviter seraient allemandes. Pas toutes, les radins !
Le 50/50 serait donc une ode à l'indépendance financière.
Reprenons Jean et Julie :
Jean gagne 3.000€.
Julie gagne 1.500€.
Dépenses communes : 2.500€.
Calcul allemand :
2.500 / 2 = 1.250€.
Voilà.
Warum kompliziert, wenn es auch einfach geht?
Jean paie 1.250€.
Julie paie 1.250€.
Reste à vivre :
Jean : 1.750€
Julie : 250€
C'est parfaitement égalitaire.
Euh…
Ils versent exactement la même somme, c'est vrai.
Après des décennies de combats féministes pour l'égalité entre hommes et femmes, nous sommes donc arrivés à la solution ultime : Getrennte Rechnung, bitte.
Avantage :
Autonomie maximale.
Personne n'entretient personne.
Personne ne doit rien à personne.
À ce niveau d'indépendance, ce n'est plus vraiment une vie en commun.
C'est une colocation avec avantages conjugaux.
Et Excel est très content.
Inconvénient :
Quand Jean propose un appartement à 2.000€ parce que "on peut se le permettre", Julie risque de questionner la notion de "on".
Le 50/50 égalise parfaitement la contribution en euros.
Mais absolument pas l'effort financier.
C'est égalitaire.
Est-ce équitable ?
Beaucoup moins. Et parfois, ça devient franchement absurde.
Je l'ai déjà vu chez une cliente en congé parental. Elle réduisait son activité pour s'occuper de leur enfant.
Son revenu baissait. Celui de Monsieur restait identique.
Mais les dépenses communes restaient à 50/50.
Résultat : elle assumait davantage de travail familial, perdait du revenu pour le faire… et continuait à payer exactement la même chose que lui.
Elle supportait seule le coût financier d'un sacrifice fait pour le couple.
Magnifique.
Nous avons réussi à transformer l'égalité hommes-femmes en système dans lequel celui qui s'occupe davantage des enfants est financièrement pénalisé.
À ce niveau-là, ce n'est plus de l'égalité.
C'est de la comptabilité.
Demain, nous allons donc essayer de remplacer l'égalité par l'équité.
Et je vais enfin sortir la calculatrice :
le prorata des revenus.
*épisode d'hier ici.



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