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L'assurance maladie allemande est sous forte pression.

  • Photo du rédacteur: Florian Chiron
    Florian Chiron
  • il y a 5 heures
  • 3 min de lecture

Une commission d'experts a remis un rapport au gouvernement lundi avec un objectif clair : trouver 30 milliards d'euros.

Autrement dit : le sujet est devenu critique.

 

L'assurance maladie publique (GKV) se dirige vers un déficit de plus de 10 milliards d'euros, pouvant atteindre 15  milliards en 2027 et 40 milliards en 2030 si rien ne change.

 

Le problème est structurel : les dépenses augmentent de 7% par an, les recettes de 5%, malgré l'explosion des cotisations (passées de 800€ mensuels en 2018 à 1.250€ en 2026).

 

Le système ne s'effondre pas. Mais il s'appauvrit.

Et quand un système s'appauvrit, il n'y a que deux leviers : augmenter les contributions… ou réduire les prestations.

 

C'est exactement ce que prépare le gouvernement.

66 mesures sont sur la table, avec 66 milliards d'économies en 2030 : les médecins, pharmaciens et les hôpitaux devront contribuer, l'industrie pharmaceutique aussi, et les assuré·es paieront, d'une manière ou d'une autre.

J'ai lu les 66 mesures, beaucoup sont techniques. Voici celles qui vous concernent :

 

Première évolution possible : la fin de la gratuité pour les conjoint·es sans revenus.

Aujourd'hui, un conjoint peut être couvert sans cotisation propre. Demain, il pourrait devoir payer environ 220€ par mois. Cette mesure est politiquement sensible, mais elle traduit une réalité : ce qui était présenté comme "gratuit" était en réalité financé collectivement.

 

Deuxième piste : baisser l'indemnisation en cas d'arrêt maladie.

Jusqu'ici après 6 semaines de maladie, un assuré public touchait 70% de son salaire. Il est proposé de raboter la prestation à 65%.

 

Troisième levier : la hausse des franchises médicales

Ces franchises, entre 5 et 10€ actuellements, seraient ajustées à l'inflation, et augmentées de 50%. Une réintroduction des franchises sur les visites médicales ne figure pas dans la rapport de la commission.

 

Quatrième axe : la réduction de certaines prestations considérées comme non essentielles.

On parle notamment de cures ou de traitements alternatifs comme l'homéopathie. L'économie attendue est d'environ 1 milliard d'euros par an. Classique, mais efficace.

 

Cinquième piste : augmenter les taxes comportementales, notamment sur le tabac, les alcools et les produits sucrés.

L'objectif est double : générer des recettes supplémentaires et inciter à des comportements plus favorables à la santé. Encore faut-il que ces recettes soient effectivement affectées au financement du système.

 

Enfin, une réorganisation du parcours de soins est envisagée, avec un retour renforcé du médecin traitant comme point d'entrée obligatoire. L'idée est de mieux réguler l'accès aux spécialistes et de limiter les coûts induits par des consultations multiples.

 

À cela s'ajoute un point de tension majeur avec l'État :

la GKV finance aujourd’hui près de 10 milliards d'euros pour couvrir les bénéficiaires d’aides sociales. Une charge qui, en toute logique, devrait relever du budget de l'État. Le sujet est d'ailleurs en cours de contentieux.

 

Le modèle actuel est donc sous pression structurelle.

 

Trois directions seulement sont possibles :

augmenter les cotisations,

réduire les prestations

ou transformer en profondeur le système.

 

Mais le vrai changement est ailleurs.

Ce qui est en train de se jouer, c'est un basculement progressif de la responsabilité vers l'individu.

 

Le système ne disparaîtra pas.

Mais il couvrira moins, plus tard, et à un coût plus élevé.

 

Attendre que le système vous protège comme avant est une stratégie.

Mauvaise, mais une stratégie.


Pour établir une meilleure stratégie, contactez-moi.

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