Les jeunes Français·es n'apprennent plus l'allemand.
- Florian Chiron

- 20 févr.
- 2 min de lecture
C'est une erreur stratégique.
Les derniers chiffres sont tristes.
Dans les années 1970, 36% des élèves français prenaient allemand en LV2.
Aujourd'hui, ils sont 12,4% LV1 et LV2 confondues.
Je trouve plusieurs raisons à cela :
• L'allemand est réputé plus difficile que l'anglais et l'espagnol, et a moins un air de vacances que ce dernier.
• Depuis quelques décennies, l'éducation nationale ne met plus les germanophones dans la même classe, ce qui a supprimé un effet d'attractivité bien connu des familles.
• L'Allemagne ne fait pas rêver. Cela dit, ceci est un invariant dans le temps.
Finalement, cette diminution du nombre d'élèves est aussi le symptôme d'un système qui valorise davantage la facilité que l'exigence.
Les classements internationaux comme PISA montrent un décrochage préoccupant.
Pendant ce temps, le nombre de mentions très bien est passé d'environ 1% des bacheliers l'année où je l'ai eu à près de 15% aujourd'hui.
Les indicateurs officiels progressent. Les comparaisons internationales racontent parfois autre chose.
Donc l'allemand est difficile, ne fait pas rêver.
Demande des efforts.
Demande de comprendre une autre vision du monde.
C'est une erreur stratégique collective.
L'Allemagne reste notre premier partenaire économique.
Le PIB des 4 pays germanophones est de 6.500 milliards de dollars contre 5.500 milliards pour les 20 pays hispanophones. Avec lesquels on fait moins de business. Encore moins si on continue à s'opposer au traité Mercosur.
Pourtant l'idée du rapprochement franco-allemand était simple :
les peuples doivent se parler directement.
Pas via une langue tierce.
Pas via des traductions approximatives.
Directement.
Grâce aux échanges scolaires, universitaires, scientifiques.
J'ai lutté pour maîtriser la langue allemande. Plus qu'une langue, une vision du monde, une manière de penser.
Et maintenant ? Les profils réellement franco-allemands sont rares.
Et ce qui est rare a de la valeur.
Pendant que beaucoup choisissent l'espagnol "parce que plus facile", je regarde où sera la pénurie dans 15 ans.
Une économie allemande qui manque de cadres bilingues.
Des entreprises françaises qui veulent s'implanter outre-Rhin.
Des négociations qui se feront en anglais… et perdront en finesse et en influence.
La langue n'est pas une matière scolaire inerte.
C'est, pour ses locuteurs, un actif stratégique.
Un avantage compétitif.
Dans 20 ans, ceux qui parleront allemand auront un coup d'avance.
Les autres expliqueront pourquoi ils ne l'ont pas appris.



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