Une cliente a acheté son appartement en Suisse.
- Florian Chiron

- 25 mars
- 2 min de lecture
Et j'ai découvert à cette occasion un système de financement très différent de la France ou de l'Allemagne.
La Suisse est d'ailleurs devenue la deuxième destination des Français·es qui quittent l'Allemagne.
J'ai donc maintenant une vingtaine de client·es qui vivent ou travaillent là-bas.
Travailler en Suisse, c'est souvent voir son salaire presque doubler.
Chouette.
Mais acheter devient… sportif.
Dans son cas :
1,7 million de francs suisses pour un appartement en rez-de-jardin près de Genève. Ça pique.
Et il faut 20% d'apport. +5% de frais de notaire.
Donc 400.000 francs suisses sur la table.
Ma cliente et son mari ont littéralement vidé dix ans d'épargne.
Mais le vrai choc n'est pas le prix.
C'est le crédit.
La Suisse a deux particularités :
• les intérêts du crédit immobilier sont déductibles
• l'immobilier est soumis à l'impôt sur la fortune
Résultat : garder de la dette est souvent fiscalement intelligent.
Ma cliente a donc emprunté 80% du bien.
Et le plan est le suivant :
Une petite partie du crédit (15%) sera amortie au fil du temps.
Mais la plus grosse partie ne sera jamais remboursée. 65% de la valeur de l'appartement.
C'est une hypothèque permanente : une dette qui peut rester toute la vie.
On paie les intérêts.
Et tout le monde trouve ça normal.
Pour un·e Français·e ou un·e Allemand·e, c'est presque choquant.
Chez nous, on répète partout que la dette est le mal et que le but de la vie est de rembourser sa maison le plus vite possible.
Les Suisses pensent exactement l'inverse :
la question n'est pas d'avoir une dette.
La question est d'avoir une bonne dette.
Si vous croyez encore au "bon sens paysan" selon lequel il faut vivre sans dette pour être heureux…
Évitez la Suisse.
Nos voisins ont compris que pour être heureux, il faut du chocolat, du fromage… et une hypothèque à vie.



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