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Amitié franco-allemande : au-delà des discours, la réalité vécue

  • Photo du rédacteur: Florian Chiron
    Florian Chiron
  • 22 janv.
  • 2 min de lecture

En cette journée de l'amitié franco-allemande, on parle volontiers du "couple".

Du moteur de l'Europe.

Des grandes déclarations.

 

Quand on vit en Allemagne, on vit la réalité sur le terrain : sobrement, calmement, un Brezel à la main.

 

Début 2026, la relation franco-allemande n'est plus en crise. Ce n'est pas non plus l'idylle.

Elle est fonctionnelle, asymétrique, parfois rugueuse, mais indispensable.

La France et l'Allemagne restent liées par nécessité stratégique. Sans l'Allemagne, la France s'affaiblit en Europe. Sans la France, l'Allemagne reste politiquement incomplète.

 

Peu importe les dirigeants —même si Emmanuel Macron et Friedrich Merz semble animer d'une volonté de travailler ensemble— ce sont les structures, les intérêts communs et les femmes et les hommes des deux pays qui font tenir la relation.

 

Depuis 2025, on est revenu au travail. La perte pour l'Allemagne de son allié historique, les USA, la force à regarder sa voisine avec de nouveaux yeux. Coucou, la France est encore là.

 

Les chantiers ?

La coopération sur l'Ukraine, à renforcer encore et toujours.

La défense européenne est redevenue une nécessité, en arrêtant les commandes de matériel aux USA, s'il vous plait, les Allemands.

La stratégie industrielle se pense enfin un peu plus à l'échelle du continent. Même sur l'énergie, ca s'est détendu.

 

Les divergences, elles, restent profondes : État stratège en France contre ordolibéralisme en Allemagne, protection intérieure contre exportation, visions budgétaires opposées.

On coopère efficacement, mais on ne projette plus ensemble comme avant. Un vieux couple.

 

Vu d'Allemagne, le point de tension principal reste l'imprévisibilité française, accentuée depuis la dissolution, là où l'Allemagne, lente et conservatrice, demeure lisible et constante.

 

Et pourtant, malgré ces fractures, l'amitié franco-allemande tient.

Parce qu'elle ne vit pas seulement dans les chancelleries.

Elle vit dans les entreprises où l'on travaille ensemble, dans les équipes mixtes, dans les associations, autour d'une table où l'on partage une bouteille, un fromage et deux langues.

Elle vit chez celles et ceux qui apprennent l'allemand avec difficulté, qui transmettent le français avec fierté, qui construisent des ponts très concrets entre les deux pays.

 

Pour nous, Français d'Allemagne, cette amitié n'est pas abstraite. Elle est quotidienne. Elle se cultive dans le travail, la langue, la curiosité et le respect.

Le couple franco-allemand n'est peut-être plus le moteur flamboyant de l'Europe, mais il en est devenu le stabilisateur. Moins spectaculaire, mais vital.

L'amitié franco-allemande, ce n'est ni Paris ni Berlin.

C'est eux. C'est toi. C'est nous.

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