Je vous repartage mes fiches de lecture : Bel-Ami
- Florian Chiron

- 22 déc. 2025
- 2 min de lecture
Pendant les vacances, je vous repartage mes fiches de lectures.
Aujourd'hui nous parlons d'un homme qui était agent des chemins de fer. Il est devenu l'un des plus riches de Paris.
C'est un dégénéré.
On ne présente plus Georges Duroy, alias Bel-Ami.
Aujourd'hui, je démonte le mythe. Ce (anti-)héros, fascinant grâce à la plume de Maupassant, nourrit l'idée bien française que la richesse est forcément suspecte.
1. Derrière toute fortune, une arnaque ?
Si Duroy devient riche, ce n'est pas grâce à son travail, mais en exploitant méthodiquement son entourage. Il épouse tour à tour la femme de son meilleur ami (mort l'avant-veille) et la fille de son patron (et de sa maîtresse), manipulant tout le monde.
Logiquement, en le lisant des millions de Français ont retenu une leçon simple : on ne s'enrichit jamais honnêtement.
2. Mariage, chantage et manipulation : la recette du succès ?
L'ascension financière selon Duroy :
✔ Manipuler les sentiments,
✔ Séduire des femmes influentes (plus riches que soi),
✔ Voler un héritage avec des prétextes bidons,
✔ Utiliser la gendarmerie pour divorcer à bon compte,
✔ Kidnapper une gamine pour forcer un mariage.
Tout est cynisme et calcul. Comment s’étonner que l’idée « riche = escroc » soit si ancrée en France ?
3. Magouilles et absence d’éthique : une carrière bien gérée
Duroy n'a aucun plan, juste une absence totale de principes et du talent pour plaire aux bonnes personnes. Il croise un ancien camarade qui lui trouve un emploi, manipule ses collègues pour faire son travail à sa place (merci Madeleine Forestier), séduit la femme du patron et couvre un scandale d'initiés pour asseoir son pouvoir.
Son CV tient en une ligne :
✅ Séduire des femmes riches,
✅ S’installer chez elles,
✅ Passer à une plus riche encore.
Bref, Bel-Ami renforce un mythe : celui de la richesse acquise grâce aux complots, aux manipulations et aux coups de poker. Maupassant nous montre le triomphe du superficiel.
4. Une conclusion sans morale (et c’est bien là le problème)
Duroy réussit. Il est riche, il est puissant. Aucune conséquence pour ses manipulations. Pas de chute comme une Nana.
Et c'est là que le roman me dérange. Rien ne punit Duroy. Il sort gagnant sur toute la ligne 😬
Bel-Ami a renforcé un stéréotype bien français : s'enrichir, c'est forcément être un salaud.
Oui, des fortunes se sont bâties sur des méthodes douteuses, mais ce roman alimente l'idée que toute réussite repose sur la manipulation. De quoi nourrir le discours anti-riches depuis plus d'un siècle.
Maupassant, lui, est un génie et c'est déjà ça). Son style tranchant et efficace fait de ce roman une critique implacable du cynisme social.
Mais une question demeure : et si Bel-Ami, et d'autres héros de son temps, avaient façonné notre rapport à l'argent et à la réussite ?
Pour plus d'analyses financières de la littérature, suivez ce compte. À mes heures perdues, je m'y mets 🙂






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